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22/08/2010

Les lianes et le vide

Curieusement, cette discution me revient maintenant, ici, à Tétouan, alors que je suis à mille lieux de tout ça... A mille lieux?... Non, un peu moins quand même... beaucoup moins... Quelques jours plus tôt, nous étions attablé, mon ami et moi, à la table d'un grec du Val de Marne, le meilleur sans doute du département. Après en avoir discuté un peu, nous avions tout de suite changé de sujet, comblant les traces de ce malaise par des légèretés et autres gratuités, par des mots lancées sans filets ni élastiques qui font le plaisir des vraies conversations d'amis... Mais, balayant d'un coup ce chateau instable de mots, mon ami, sourire désabusé aux lèvres, dit:

-Pourquoi est-ce qu'on ne peut pas tout oublier? pourquoi s'accrocher comme ça?...

Sur le coup, je ne su que répondre... Ou peut-être ça :

-Tu sais, moi aussi je n'arrive pas à me défaire de tout ça... J'ai beau savoir que c'est fini, je m'accroche encore... Et tu veux que je te dise? J'ai même pas encore renoncé... c'est sans doute stupide de ma part... ça ne me mènera sans doute nulle part mais je ne peux pas me dire que c'est fini... Pas encore...

-Mais pourquoi?...

Il y eut un silence, puis tout à coup...

-Tu sais... ça semble un peu con dit comme ça... Mais je crois qu'on s'accroche à des lianes... On ne peux pas lâcher cette liane tant qu'on en a pas trouver une autre aussi solide... Sinon, on tombe dans le vide... Ce vide, ce néant, c'est sans doute ce qui nous retient de lâcher notre histoire... La béance de ce vide est ce qui nous pousse à nous aggriper à ces filles... J'en arrive à croire que la peur de ce vide est bien plus fort que la peur de perdre un amour... Tu vois, je suis sur ma liane et tandis qu'elle menace de rompre, je teste des lianes alentours pour vérifier leur solidité, etc. pour voir si je peux faire du chemin avec ces autres lianes...

Mon ami pouffa de rire...

-Des lianes?...

-Ouais, fis-je, un peu honteux de ma métaphore foireuse... Et on serait des tarzans qui vont de lianes en lianes...

Nous rîmes ainsi...

 

Mohamed Saïd, fait à Martil le 12/07/2005, à 16:34