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07/10/2008

En l'attente.

Il y avait, bien sûr, beaucoup de choses à raconter. Ce soldat à la plage. Ce mur effrité. Cette panne dans ce bout de monde. L'impasse de ce regard. AbdelNassar et ses 25 années de prison.
Il y avait ce ciel, bleu assassin, coupant la terre en deux. Il y avait cet air irrespirable, mais que l'on respirait. Ces odeurs de mer et d'essence. Ces poissons amers.
Mais, sûrement, j'étais arrivé à un point où écrire me paraissait être qu'un acte organique comme un autre. Une régurgitation de choses trop vues, trop avalées, trop macérées pour être gardées. Sûrement, écrire ne me parut plus avoir cette noblesse que trop de gens lui donne encore. Sûrement que je changeais.
Peu à peu, je m'étais retiré. Vers ces endroits où se rejoignent ceux qui ont peur du désordre et de l'impromptu. Vers ces endroits aux contours fabriqués par la peur, la crainte. Des endroits où les murs retienne la misère: Un Mc Do aseptisé. Une plage de sable fin, et à l'eau turquoise. Une salle décorée, un restaurant raffiné, l'habitacle d'une voiture.
J'étais fatigué. De voir, de marcher, de parcourir, d'aller à l'inconnu. Fatigué de nouer des relations. Saturé de ces images, de pauvreté, de fausse détresse. Fatigué de ce jeu, de ces mensonges, de ces mêmes équations, aux mêmes réponses.

Je tombais alors dans le piège de cette fausse lucidité. Et j'aimais y tomber. Je vivais dans une presque-réalité, où les choses avaient la même fatalité que des théorèmes mathématiques. Dans cette presque-réalité là, régit par des lois de Murphy multiples, par des considérations lacaniennes mal maîtrisées, faites lois. Une séries d'impasses, de sens interdits. Des mots géants, écroulés, couchés comme des pans de murs que l'on aurait poussés. Des parenthèses griffant le temps dans leur chute. Des images. d'elle. lui. la. son. tu. Et une porte, au delà de ce fratras. Une minuscule porte où passe à peine la lumière...

 Je me dis parfois que j'aimerais retrouver cette lumière.

 

Mohamed Saïd, fait à Paris, le 05 septembre 2008, à 23h52