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22/10/2010

à mots reposés

Un petit bonjour aux personnes qui me lisent encore, et qui visitent encore ces pages.

Je suis un peu désolé de le laisser à l'abandon mais je n'écris plus trop en ce moment. Sans doute parce que la vie normale est un très mauvais sujet de littérature. J'ai pas de ruptures honteuses, pas d'évènements qui mettent à mal mon égo, pas de projets pompeux... Donc pas d'envie pressante d'uriner tout ça. Ma vie devient vivable, et même agréable. Ce n'est pas photogénique.

Je n'écris plus aussi, du moins pour le moment, parce que je n'ai plus de nouveaux sujet d'indignation, de découverte. J'ai passé près de 4 mois au Maroc. Comme d'habitude, j'y ai vu des choses assez dures, assez retords. Mais désormais, passé la surprise, je suis dans l'acceptation. Je veux dire: je ne trouve plus de plaisir à raconter le malheur, ou l'imparfait, parce que, aussi pervers que ça puisse être, avant, la découverte du drame quotidien des gens, ou du mien, me remplissait du bonheur de l'écrire. Aujourd'hui, elle devient une chose habituelle. Passé le plaisir de partager ma découverte, ça deviendrait un devoir. Donc une tache administrative que je n'ai pas la force mentale d'assumer, donc d'écrire, à cause de ma fatigue habituelle.

Ecrire me fatigue, sauf quand j'en ai besoin. Et là, je n'en ai pas besoin. J'écris actuellement un livre, et j'éprouve toutes les peines du monde à avancer. Je n'ai pas le talent automatique, sauf quand je suis malheureux, et ce n'est pas le cas aujourd'hui, loin de là.

Je vous remercie en tout cas de découvrir ou de revenir de temps à autre ici. Prenez soin de vous et à bientôt peut-être. :)

 

Mohamed Saïd, fait à Paris, le 22 février 2010, à 19h05

 

 

Mattafix - Cool down the pace

22/08/2010

Les lianes et le vide

Curieusement, cette discution me revient maintenant, ici, à Tétouan, alors que je suis à mille lieux de tout ça... A mille lieux?... Non, un peu moins quand même... beaucoup moins... Quelques jours plus tôt, nous étions attablé, mon ami et moi, à la table d'un grec du Val de Marne, le meilleur sans doute du département. Après en avoir discuté un peu, nous avions tout de suite changé de sujet, comblant les traces de ce malaise par des légèretés et autres gratuités, par des mots lancées sans filets ni élastiques qui font le plaisir des vraies conversations d'amis... Mais, balayant d'un coup ce chateau instable de mots, mon ami, sourire désabusé aux lèvres, dit:

-Pourquoi est-ce qu'on ne peut pas tout oublier? pourquoi s'accrocher comme ça?...

Sur le coup, je ne su que répondre... Ou peut-être ça :

-Tu sais, moi aussi je n'arrive pas à me défaire de tout ça... J'ai beau savoir que c'est fini, je m'accroche encore... Et tu veux que je te dise? J'ai même pas encore renoncé... c'est sans doute stupide de ma part... ça ne me mènera sans doute nulle part mais je ne peux pas me dire que c'est fini... Pas encore...

-Mais pourquoi?...

Il y eut un silence, puis tout à coup...

-Tu sais... ça semble un peu con dit comme ça... Mais je crois qu'on s'accroche à des lianes... On ne peux pas lâcher cette liane tant qu'on en a pas trouver une autre aussi solide... Sinon, on tombe dans le vide... Ce vide, ce néant, c'est sans doute ce qui nous retient de lâcher notre histoire... La béance de ce vide est ce qui nous pousse à nous aggriper à ces filles... J'en arrive à croire que la peur de ce vide est bien plus fort que la peur de perdre un amour... Tu vois, je suis sur ma liane et tandis qu'elle menace de rompre, je teste des lianes alentours pour vérifier leur solidité, etc. pour voir si je peux faire du chemin avec ces autres lianes...

Mon ami pouffa de rire...

-Des lianes?...

-Ouais, fis-je, un peu honteux de ma métaphore foireuse... Et on serait des tarzans qui vont de lianes en lianes...

Nous rîmes ainsi...

 

Mohamed Saïd, fait à Martil le 12/07/2005, à 16:34

27/07/2010

Quelque part

 

Monte la rue - Paris minuit

 

Quelque part, je suis heureux. Mon malheur revient. Je redeviens quelqu'un d'intéressant.

Mais ma première pensée sera pour toi. Tu me trouveras changé. Je parlerai moins. Mon silence sera pesant. Je serai une salle vide où tu entendras l'écho de tes pas. Peut être auras-tu un peu froid... Mais je ne veux pas te perdre ma chérie. Crois encore en moi, je t'en prie... Juste un peu. Mes lèvres sont muettes, mais mon coeur est lourd. Il déborde. Je te serrerai fort dans mes bras. Très fort. Aussi fort que je le peux... J'espère que tu comprendras. Combien ma tristesse est infinie, mais involontaire. J'espère que tu comprendras combien ta présence me sauve chaque jour de moi-même. Tu as fait entrer la lumière, ne me retire pas cette lumière. Attend moi un peu. Il y aura des jours meilleurs. Infiniment meilleurs.

Je veux pas te perdre parce que je suis fou...

Mohamed Saïd, Tanger, 27 juillet 2010, 20h03.