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25/12/2009

Nouvelle sous Weber

Je lisais « l'Arbre des possibles », de Bernard Werber. C'est elle qui me l'avait conseillé. A ma grande honte, je ne connaissais pas cet auteur et en le découvrant grâce à elle, je le trouvais excellent. Mais étais-je objectif ?

Quand une femme que vous aimez, que vous désirez, vous conseille de lire un livre et que vous le lisez, c'est comme si vous plongiez dans un livre érotique. Le livre peut parler de vaisseau spatial, de la croissance économique du Bénin ou de fractales, vous sentez le parfum de cette femme dans chaque page. Chaque personnage féminin du livre a un visage aussi beau que le sien, et au fil des pages que vous tournez, au fil des mots que vous lisez, dont vous savez qu'elle les a déjà parcouru de ses yeux, dont vous savez qu'elle en a déjà apprécié l'ordonnancement, vous la sentez près de vous, caressant votre épaule, posant tendrement sa main sur votre torse, posant sa bouche et ses lèvres légèrement humides sur votre épaule, en ce frôlement que vous appréciez tant...

Si le livre qu'elle vous a proposé est «J'ai envie de me suicider, je suis pas beau et en plus, personne ne m'aime » de Georges JvémZigouillé, il devient « Le traité des caresses ». Si le livre qu'elle vous propose est le « Prolégomènes à toutes métaphysiques future » de Kant (En même temps, si elle vous propose de lire ça, je vous conseille de ne pas prolonger votre relation...), il devient le « Kama Sutra en 12 leçon + 1 dernière... On s'est bien marré avec les potes pour dénouer les 4 nœuds dans les jambes des 2 figurants ».

Elle, vous a proposé « l'Arbre des possible ». Vous le lisez, et le livre vous caresse les lèvres, vous sentez le regard de votre bien aimée sur vous, tendre, douce, amusée parfois que vous aimez également le livre.

 

J'en étais à la page 197, en plein milieu d'une nouvelle, « Transparence ». J'appréciais, comme pour les autres nouvelles, le caractère insolite de l'histoire. Puis soudain, une porte s'ouvre sur la page. Et une voix grondante vous parle : « Bonjour cher lecteur. Si vous tombez sur cette page et que vous m'entendez, c'est que vous avez eu la coïncidence d'être tombé sur la page 197 à 3h33 du matin. Lors de cette conjoncture, un trou spatio-temporel s'ouvre, et vous avez le loisir de choisir la destination où vous voulez aller. J'attends votre choix. »

Vous mettez longtemps pour réfléchir... Rejoindre la femme de vos soupirs ?... Allez au parking de la supérette Proxi du Nord de Melun où vous n'avez rien à faire ?... Rejoindre votre aimée ?... le parking du Proxi ?... Vous choisissez finalement de la rejoindre.

 

Et là, vous la voyez... Elle est là, devant vous...

Elle vous dit : « C'est maintenant que tu viens ?... Je t'attends depuis tellement longtemps... A ton avis, pourquoi je t'ai recommandé la lecture de ce livre ?... »

Et toi, incapable d'esquisser le moindre geste, enfin en face d'elle, tu n'oses même plus respirer de peur de troubler cet instant...

Elle vient vers toi. Tu lui prends doucement la taille. Tu respires lentement, doucement, le parfum de ses épaules, de ses bras, de son cou... Tu plonges dans sa nuque et tu sens dans son corps les spasmes que tu lui procures. Tu lui embrasses légèrement le bas de la joue, puis remontes doucement, alternant sur le coin de sa bouche des effleurements, des espaces entre tes lèvres et sa peau si fins que temps n'y entre pas, se prolonge, ralentit. Son corps est l'univers, courbe. La lumière se plie aux lois de sa gravitation. Tu es une planète autour de sa peau. Elle, étoile autour de ta bouche. Vous êtes deux étoiles de même brûlure qui s'attirent l'une à l'autre. Qui se détruisent. Tu aimes la regarder droit dans les yeux, parce qu'elle a un regard profond qui te dévore, te hurle.

Elle accueille ta bouche, pose ses coudes sur tes épaules, caresse tes cheveux avec une énergie qu'elle a du mal à maîtriser. Tu entend sa respiration, ses soupirs écrasée par le contact de sa bouche sur ta peau, puis elle te dit, souriante :

-Tu sais... Je ne suis pas vraiment réelle...

-Ah oui ?... Lui dis-tu, goguenard, les yeux enflés de désir. Raconte moi tout...

-Oui, dit-t-elle avec une voix qui mime une innocence enjouée. En fait... Je suis un coussin...

 

Quand vous vous réveillez et que vous vous apercevez que vous tenez dans vos bras votre oreiller plein de bave, vous êtes bien forcé d'admettre qu'elle a raison...

Commentaires

pffff.. mon préféré reste sans commentaire, c'est inadmissible :)
je lirais bien un Weber moi aussi...

Écrit par : waaayli | 31/12/2009

Non, t'inquiète pas, celui-là fut très commenté en son temps et a eu beaucoup de succès :D

Écrit par : Mohamed Saïd | 31/12/2009

Les commentaires sont fermés.