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29/11/2009

Petite compilation des textes inachevés

Ils sont là, tous ces brouillons qui errent dans ma base de données blogspirit, depuis bien longtemps maintenant... Des petits objets bizarres dont on ne sait quoi faire, mais qu'on ne peut jeter car, se dit-on, peut-être serviront-ils un jour. Certains textes, bien qu'intéressants, n'ont pu franchir le stade de la publication, pour cause de ligne éditoriale stricte à l'époque. On va commencer fort car c'est le cas de ce début de texte de fiction, inachevé: "A la gare Saint Lazare"

 

C'était le coin où j'allais quand j'étais en manque de thunes. Les chiottes de la gare saint Lazare. Je donnais un euro à la martiniquaise à l'entrée. Elle actionnait manuellement le tourniquet pour me laisser passer puis je m'enfermait dans l'une des cabines de chiottes. Les murs étaient noircies de graffitis et de formules plus ou moins choc: "Niques les arabes, bandes de fils de putes"; "Représente Bondy"; "Je baise tous les blacks, j'encule tous les rebeus"; "Niquez vos races"... Il n'y a que dans les chiottes, lieu d'intimité ultime, qu'on peut écrire ces mots. Les lire, pendant que je pissais, m'était assez agréable. J'aimais l'outrance en fait. Les signes nazis, les dessins de sexe, les messages revendicatifs des cités, bref, toute la connerie humaine réunie sur ces quatre murs. ça faisait de la lecture. Mais ce n'étais pas ça que je cherchais... La majorité des mots gribouillés dans ces lieus étaient des numéros de téléphones portables, des annonces: "Suce bite de rebeu ou de black. 50 euros. Appelez au ...", "Grosse bite bien juteuse exigée. appelez au ..." Il y en avait des dizaines, des écritures franches, ou à peine marquées: "Suce bite de rebeus et de black. 50 euros." ça revenait souvent. J'imaginais ces ptits blancs, car c'était souvent eux, les petites pédales en mal d'exotisme qui, après vous avoir sucé, vous demandait s'il pouvaient vous enculer pour 50 euros de plus, pour 100 euros. Parfois, c'était le contraire. c'était à moi de les enculer. Leur studio était en tout cas toujours triste. Sentais le rance. Les volets baissés donnait une couleur fade à tout ça. 

 

Il y a aussi, parmi mes brouillons, la poésie foireuse et sans importance:

Si j'avais crée le monde, je crois qu'il ne se résumerait qu'à une ligne. Un horizon, coupant le temps en deux.

Au loin.  

Un trait finit bien un jour. J'imagine que derrière le mien, se couche le mur, et quelques pierres.

 

Il y a ensuite le texte que l'on veut écrire, juste pour remplir son blog, faire un surplus de 5 ou 10 visiteurs qui tomberaient dessus par "blogs mis à jours". On se dit qu'il n'y a qu'à écrire des choses difficiles à comprendre, et profondes en même temps. Que tout le monde trouvera ça bien. Bref, commencer un texte sans savoir où il va finir. De l'écriture automatique quoi:

"En général, la gravité qu'exerce mes peurs sur les mots fait qu'ils s'alourdissent imperceptiblement. Jusqu'à devenir des rochers que l'on ne peut plus porter. Une suite logique en somme, un mécanisme physique, comme la poussière, après le tourbillon inutile et désordonné de l'espoir, qui revient, doucement, calmement vers le sol.

Lorsque je commence un texte, sans savoir où il va finir, mes mots deviennent lourd. Et je me rend compte que c'est la suite logique d'un tel état. 

Après, place au texte existentiel inspiré d'une lecture à la con, genre "Les particule élémentaires" de Houellebecq:

Qui suis-je?

Un jour, tu te pose cette question capitale. Tu te dis: mais putain... qui tu es? Qui tu es vraiment?
Toi, dans ta tête, tu croyais avoir la réponse depuis tellement longtemps, tu pensais savoir qui tu étais. Tu savais la date exacte de ta naissance. Tu savais les informations capitales sur ta vie. Tu avais emmagasinés des informations. Tu t'étais forgée une légende personnelle. Un début, un milieu, et une fin, des épreuves, dures, terribles, une apothésose future. Tu pensais avoir raison. Tu pensais savoir mieux que personne sur cette Terre quelle décision prendre pour toi, dans ton parcours dans la vie. Et comment ne pouvait-il en être autrement? Qui toi, mieux que personne au monde, savait par quoi tu étais passé? Qui mieux que toi pouvait prendre la direction que tu prenais, parce que tu savais avec une acuité les cartes que tu tenais en mains. Les autres n'auriaent parfois pas compris. Ils n'avaient pas les mêmes cartes. Les mêmes ressentis, la même éducation, et ce qui en découle, de cette éducation: ce que l'on veut dans la vie. , . les autres ne savaient rien de toi. Ce qu'ils savaient, c'étit ce que tu émettais confusément de ta personne, un rayonnement. Et bien sûr, tu le criais sur tous les toits. Quand jusqu'à ce jour.

Sur le quai de la gare du RER de Chatelet les halles, ils m'arrivaient, dans un élan de lucidité insupportable, d'observer les gens. J'observais leur visage, leur regard, leur mouvement lents sur le quai. Leurs sens, recevant leurs stimulis, odeur, d'informations. Des poules. Voilà ce que c'était. Des poules qui recevaient des stimulis. Et Ils attendaient. Nous étions des animaux, simplement.

Une sorte de cross over entre le texte existentialiste et le texte écrit pour remplir le blog. ça donne ça: 

 J'essaie de lutter contre le sommeil depuis 48 heures. Le monde autours est pateux, comme solide. Une pâte informe qui sue le temps mâché, gâché. J'essaie de récupérer un cycle normal mais les journées sont trop longues. Réveil à 9h, coucher à 7h. Je me réveille à 16h, pour me recoucher à 10h. Tous les trois jours, je résiste alors au sommeil pendant deux jours pour me coucher comme tous le monde, à 23h. J'essaie.

Je ne donne pas de nouvelles, parce qu'au fond, elles sont mauvaises. Rien de grave. C'est juste l'ambiance. Ce qui m'inspire, ce que je respire aujourd'hui m'obligerait à écrire des textes glauques, à lire sur des musiques glauques. J'en ai pas l'envie, même si je fais une exception aujourd'hui, moi qui a décidé de rendre les gens moins malheureux qu'ils ne le sont. L'air du moment ne correspond pas du tout à cette noble tâche. Je me sens vieux. Physiquement. Je respire un air vicié, celui de la salle, celui de la ville. Je suis fatigué physiquement, ce qui est un comble.  

Il y a le texte qui s'annonce superbe, dense, fort, mais dont tu sais à l'avance que tu vas pas le finir, car il sera trop long, bien trop long et trop compliqué à écrire pour tes petites forces du moment. C'est le cas de celui-là:

C'est une plage étroite, coincée entre les falaises, sur la route entre Tétouan et Oued Laou. Nous sommes dans ce que l'on peut appeler un restaurant, bâtisse irrégulière qui mord sur le sable gris, assis sur des chaises en plastique. La mer est bleue, striée de traces, comme des langues d'huiles qui s'étendent vers l'horizon. Des estivants épars, cachés par leurs parasols. Et puis ces deux joueurs de football, qui, dans leur élans techniques, se renvoient maladroitement une balle qui vient parfois s'écraser comme un œuf sur la surface lisse du bord de l'eau. Ils rigolent parfois de leur maladresse, lorsque l'un deux, gêné par les galets fins, jette la balle un peu loin. Je les regarde. Il est peut-être midi. Tout porte peut-être à sourire, mais à coté de moi, Abdel, lui, ne sourit pas.
-Qu'est-ce qui se passe ?
Il a les yeux rivés sur l'un des footballeurs. Un regard de haine.
-Ce gars là, je le connais...

-tu le connais?

-Oui. Et tu sais pourquoi il porte un t-shirt avec des manches longues? C'est pour cacher les cicatrices de coups de couteau. Ce gars, il joue au foot à la plage. AbdelNassar, lui, il purge à sa place une peine de 30 ans. C'est lui qui a tué l'autre gars. Tous le monde le sait.

 

Voilà une note destinée également à remplir ce blog, mais qui a également pour but de montrer ce à quoi vous avez échappé, que ce soit pour le meilleur ou pour le pire.

 

Mohamed Saïd, fait à Paris le 29 novembre 2009, 19h14

Commentaires

BLUFFANT !

Écrit par : Arthur | 04/12/2009

Tous ces textes vont rester inachevés ?

Écrit par : Cristophe | 04/12/2009

je peux enfin te commenter ici!!!
j'adore le saint lazare et pas parce que je suis perverse :))
j'aime la haine dans le regard noir d'Abdel parce que j'arrive à le voir...
tu m'hypnotises :)

Écrit par : waaayli | 06/12/2009

Arthur -> Tant que ça? :-p Merci de ta visite en tout cas

Cristophe -> Ben ça dépend du temps, de l'envie, de beaucoup de chose en fait. Tu voulais t'assurer que ça reste inachevé, c'est ça? :-p

Waaayli -> Ewah rebienvenue ici :-p Et maintenant... vos paupières sont lourdes... vous écoutez ma voix, rien que ma voix... maintenant, vous dormez... vous dormez...
(ça a marché?)

Écrit par : Mohamed Saïd | 06/12/2009

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