18.05.2009
Déjà une cinquantaine d'exemplaires vendus!
Bonjour à tous,
Suite à mon appel d'il y a deux semaines, concernant la vente de mon "livre" à 10 euros, pour aider un ami en grande difficultée financière, plusieurs personnes se sont manifestées pour m'en commander, et je tiens à les remercier infiniment. A l'heure d'aujourd'hui, j'ai vendu ou pré-vendu près de 50 recueils de nouvelles, ce qui est un très bon départ.
Mon objectif est toujours de 300 exemplaires, et j'espère qu'on le tiendra d'ici le mois de juillet. Vous pouvez toujours m'en commander à mohamedias@yahoo.fr , tout en vous demandant de indulgence quand à mes retards de réponses, vu que je n'ai pas internet, et que je dois aller au cyber, qui est assez loin de chez moi.
Je vous remercie encore une fois et je vous demande également de m'excuser de vous solliciter ainsi.
Je vous tiens en tout cas au courant de l'évolution de cette action.
Prenez soin de vous,
Mohamed Saïd
13.05.2009
Sincerité
Mary J Blidge/Nas/DMX - Sincerity
Le RER A passe en fracas sur le quai. Son souffle. Je m'imagine toujours le train me traversant les tempes à ce moment là. Il amorce son arrêt progressif. Nous sommes une cinquantaine d'histoires variées sur le quai. Des histoires à dormir debout, si l'on pouvait. Il n'y a jamais de places dans le train, à ce moment là de la ligne. Tenir son "20minutes", le journal gratuit qu'ils distribuent à l'entrée de la gare, tenir le pilier métalique pour parer aux décélérations du train, tenir son regard, tenir son cerveau. Etre ici me fait toujours penser à une portion d'un circuit de fabrication dans une usine. Ce n'est pas nous qui produisons. Nous sommes la matière première, transportée, lavée, déplacée vers le site de production, auquel on ajoutera d'autres produits, un téléphone, une chaise, une table.
Combien de muscles, de mon visage, de mon corps, ai-je fait travaillé. Combien de millions, de millards de connexions neuronales se sont déroulées dans ma tête? Combien de mots ai-je appris, depuis que je suis embryon. Combien de joules, de protéines, me fournit la paie que je reçoie toutes les 150 heures, juste pour lui dire que nos services sont les seuls qui soient exonérés des charges patronales? La location de mon corps, de la portion du temps qu'il me reste à vivre est une nécessité vitale, j'en suis conscient. Je fais avec.
Ailleurs, ces ailleurs que l'on nous fait miroiter, Tahiti, Cuba, Australie... Ailleurs, c'est toujours un ici pour celui qui y vit. Je ne fuirais jamais ma tête, même si mes yeux voient une eau turquoise, mais j'ai envie d'aller vers les ici des autres, vers les milliers d'ici. Consumer les ici de ma présence, les brûler, comme on brûle des calories. Peut-être en aurais-je pour toute une vie?
*
Tu cherche dans ta poche un morceau de papier, et ta carte. Tu rentres dans cette cabine téléphonique près de la gare. Il fait un peu froid. Les gens passent autour de toi, pressés. Ils sortent du boulot. Ils rentrent chez eux. Tu voulais un peu l'appeler, parce que t'en avais envie, sur un moment très court. Avant de prendre le combiné, tu remarques cette inscription rapide au stylo bleu, que tu lis : "grosse bite en chien cherche grosse chatte en chaleur", avec un numéro de téléphone en dessous. Tu souris intérieurement. Avant de composer ton numéro, cette phrase te parait révélatrice. Elle parait enlever l'habillage que tu veux donner à tes sentiments, vacillants déjà. Et si c'était ça finalement. Vidée de sa substance, si tes sentiments ne se résumaient qu'à ça. Tu ne veux pas le croire, et tu es doué pour ne pas croire que les choses sont simples. Tu composes le numéro. Un RER passe en fracas pendant 10 secondes. Tu t’arrêtes un moment. Il y a les gens autours, qui rentrent du travail. Il fait nuit, et froid. Le RER D s'arrête. Tu es une écorce vide. Tu es une absence écornée par le froid. Tu entends sa voix, mécanisé par le combiné. Tu dis des choses normales, que tu aurais sûrement dites à ce moment là.
**
"Tu peux pas régler toute la misère du monde. Tu veux aider les autres, mais c'est toi qui es dans la merde, ne l'oublie pas. Qui t'aide, toi? Qui pense à toi? Personne. Même pas toi. Et tu le sais. Alors pourquoi tu fais ça? Pourquoi tu ne fais jamais les choses pour toi?
Tu regardes ailleurs, par la fenêtre. "Regarde moi..." qu'elle te dit. Elle te regarde avec cet air que tu n’aimes pas. Cet air de presque pitié.
-Tu sais, je m'inquiète pour toi... Vraiment...
Tu avais une haute opinion de toi? Elle te fait comprendre que t'es le roi des cons, le dernier des naïfs, qu'en fait, tu as un grave problème psychologique. Tu avais une haute opinion de toi, parce que tu tolérais de grandes marges de manoeuvres dans ton espace? Tu as fait vivre dans cette marge, un marécage où les piranhas se reproduisent et se déchirent entre eux. un mini enfer. Tu en es responsable. L'enfer est pavé de bonnes intentions. Les fondations du paradis sont construit sur une décharge.
***
Il arrive un moment dans ta vie où, soudain, tu t'entend dire le contraire de ce que tu penses. Tu te vois faire ce dont tu ne te serais jamais cru capable. Tu te vois être un autre, et c'est toi. Tu t’entends être ce que tu devrais être, à ce moment précis, parce que c'est dans l'ordre impérieux des choses. Mais tu n'en a pas envie. Et tu ne fais rien. Tu te dis que de toute façon, ta parole n'a pas de valeur. Tu ne te respectes pas. Alors ta vie devient un grand n'importe quoi. T'as envie de recommencer à zéro. T'as envie de déchirer la page de ta vie, et recommencer à écrire. Tu te dis que cette connerie devrait s'arrêter. Toi qui aime l'ordre et la perfection. Toi qui aime que les lignes soient bien tracés. Tu ratures. ça fait pas propre, ni ordonné, mais t'apprend à les accepter, ces ratures.
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A chaque fois qu'elle s'assoit à coté de moi, sa jupe courte se replie, dévoilant ses cuisses galbées, brunies par des collants satinés.
Elle me répétait souvent ce genre de truc. Si c'était pas toi. Je t'aurais giflé pour ce regard. Selon elle, j'avais une chance presque irréelle d'être avec elle. Je lui faisais comprendre que j'en avais rien à foutre. Alors peut-être qu'elle aimait cela, cette résistance. Face à son charme, face à sa sensualité explosive. Elle avait une classe naturelle et les formes affolantes, sublimés par ses robes choisies. Une grâce animale. Notre rencontre a été un accident. Elle aimait le luxe, le jazz, la décoration intérieure, le design, et Clark Gabble qui représentait pour elle le summum de la classe masculine. Avant moi, elle était sortie avec un sportif célèbre, juste avant, un chef d'entreprise. Elle s'était toujours habituée à une sorte de monde, trop loin du mien, simple fils d'ouvrier. C'est elle qui me fera dailleurs découvrir des trucs comme l'aïoli, les câpres, et d'autres conneries que ma rusticité ne pouvaient apprécier apparemment à sa juste valeur. Elle me le reprochais souvent.
Elle me fait comprendre le chemin qu'il me reste à faire pour être un homme. Un vrai gentleman. Elle me fait comprendre tous les artifices qu'il me faut assimiler pour paraitre un homme parfait. Mais je suis pas là pour faire des parades amoureuses. Je suis pas là pour mentir ni jouer un rôle. Tu comprends? J'ai besoin de sincérité... J'ai besoin de fumer cette putain de vie sans filtre. M'en faire éclater les poumons, la tête. J'ai besoin d'un amour en crue. D'un amour qui me fera mourir, noyé. J'ai besoin d'une femme de 10 mètres, pour qu'elle m'écrase dans ses bras, dans ses seins, dans sa bouche. Pour qu'ellle m'écrase d'amour. J'ai besoin de mourir, étouffé par toute la sincérité de ce monde.
Mohamed Saïd, Paris. 2008. 2009.
22:58 Publié dans Folie personnelle | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
04.05.2009
Vd recueil de nouvelles, "L'escalator et autres décalages", première main, peu servi, ct ok, pour la bonne cause.
Bonjour à tous,
J'espère que vous allez bien. Je me permets de vous écrire parce que je vend actuellement des recueils de mes nouvelles, pour aider un très bon ami qui a de très grandes difficultés financières depuis près de deux ans, et qui n'arrive pas à s'en sortir. Je n'ai rien trouvé d'autre, pour essayer de l'aider, que de rassembler mes meilleurs textes humoristiques, et les proposer à la vente, 10 euros.
Ça me coûte beaucoup de faire ce genre de sollicitations auprès de vous, et croyez que j'aurais préféré me rappeler à votre bon souvenir autrement, plutôt que de faire mon commercial à la con, pour une bonne ou mauvaise cause. Comme vous savez à peu près comment j'écris, je voulais vous demander si vous pouviez faire passer le message autour de vous, faire découvrir, à des personnes autour de vous qui aiment lire, des textes qui vous ont sans doute déjà fait rire ou émus.
Ce recueil, "l'escalator et autres décalages", compte une trentaine de pages très tassées, 12 nouvelles. Mon objectif est d'en vendre au moins 300, et vu que je ne suis pas un garçon très sociable, c'est un chiffre irréalisable sans votre soutien.
Je vous remercie infiniment de l'aide que vous pourrez m'apporter. Je m'excuse encore une fois de vous solliciter ainsi et croyez bien que seul la gravité de la situation de mon ami m'y oblige. Je suis à votre disposition pour vous donner plus d'informations. Vous pouvez me commander ce "livre" en m'écrivant à mohamedias@yahoo.fr.
Je vous remercie encore de votre soutien, prenez soin de vous.
Mohamed Saïd


